• Recit d'un marathon catastrophe

    "Voilà je vais vous faire part, pour ceux que ça intéressent,de mon erreur, de mon échec, de ma souffrance, de mon abus de confiance, d’orgueil peut être, lors de ce marathon de Paris 2005.

    Tout d’abord je me présente un peu, j’ai 20ans, je suis un sportif depuis tout petit et je cours depuis environ 3ans, j’ai suivi un plan d’entraînement pour ce marathon de 2mois, objectif 3H30, que j’ai suivi d’assez près.

    J’ai suivi un programme vraiment difficile, je me suis entraîné comme jamais, j’ai souffert, j’ai suivi un régime alimentaire strict, j’étais fin prêt, confiant.

    Fractionnés, montées d’escalier à en vomir, sorties longues…j’encaissais les entraînements tous plus difficile les uns que les autres…, je me sentais fin prêt…
    « avec tout ce que j’ai enduré, je ne peux que réussir ce marathon » voilà dans quel état d’esprit je comptais aborder mes premiers 42195m


    Mes perf m’incitaient a cet excès de confiance :2000m en 6min 30 (record lors d’une compét)
    5km en 18min, 10km en 38min et semi en 1h23

    Je parvenais à enchaîner quatre 2000M en 7min 30 sans problème et j’étais vraiment en dessus du plan d’entraînement de 3H30 je pense , auquel je rajoutai de la difficulté.

    Mon partenaire d’entraînement et moi, on se sentait plus prêts que jamais, on allait attaquer notre premier marathon en fanfare, on allait faire une perf pour un premier marathon !! (qu’est ce qu’on pétait plus haut que notre cul à cette époque)

    Bref, notre objectif se situait dans les 3H20, bien qu’on ait pris un dossard 3H45, pour faire… « modeste »

    Et c’est parti, train pour paris, dodo chez un collègue (très mauvaise nuit :3H de sommeil(foutu canapé !)
    Levé 7H, ingurgitation de 8 granny avec un ptit jus d’orange et direction le métro en short, tee shirt et sac poubelle..avec 2 gels dans la poche et une bouteille d’isostar à la main

    Déjà à Nation, on croise des collègues marathoniens…arrivés au champs, c’est vraiment impressionnant….tout ce monde qui est prêt a en baver pdt 42 bornes…ca donne des frissons

    Tiens, juste a coté de nous les ballons violet ! on discute qq instant avec eux…
    En attendant le départ, on rigole, on est détendu, ça va être magique !! peu à peu, les jets de sac poubelles, de sweat vers les cotés s’intensifient…ça sent le départ…

    8H45 ça y’est… qq instant encore et on fini par trottiner, puis par courir…

    Je suis étonné par le nombre de personnes qui nous double au début… on sait qu’il faut partir prudemment, ce que l’on fait…

    On est porté par la foule mais on s’emballe pas… on est à 5min 30 au premier kilo, puis on court sans le vouloir avec les ballons violet… mais il nous suivent ou quoi ??

    Depuis le départ, je cours avec ma bouteille d’isostar 0,5L que j’ingurgite à petit gorgées pendant la première heure.
    Arrivé au KM 10 on décide de lâcher un peu les ballons violet car l’on veut très progressivement rattraper les bleus…

    Notre premier ravito , au 10éme : je prends 2 quartiers d’orange (je le regretterai)

    Après un peu plus d’une heure de cours je prends mon premier gel énergétique de 40g et je finis ma bouteille d’isostar.

    Arrivé au quinzième , je vais faire l’erreur de ma course je pense : j’ai déjà ingurgité 2 quartiers d’orange et un gel mais je me précipite sur le ravito, prends 3oranges, du sucre, un pruneau , un abricot!! quel con, c’est la peur de manquer…

    Vers la fin du bois de Vincennes, autour du 19km, un petit maux d’estomac me prend, mais ca passe vite fait ; en tout cas, a part ça, tout va bien, les jambes sont là, on est « tranquilles », on compte faire le premier semi tranquillement puis accélérer après le trentième pour finir en dessous des 3H30

    On arrive au ravito du 20éme, je prend encore deux quartier d’oranges. je parle bcp des ravitos car je pense c’est ça qui m’a perdu !! a chaque ravito je prend le soin de bien boire aussi.

    CA y’est c’est le semi, depuis quelques minutes mon collègue accélère un peu et je traîne un peu derrière lui avec des sensations bizarres au ventre, mais sinon ça va…

    Semi : 1H50 : parfait, on est dans les temps : un semi peu rapide pour accélérer ensuite

    Le semi est passé de qq métres que je me sens vraiment pas bien : je ralentit, julien me demande ce que j’ai, il m’encourage…mais ca va de moins en moins bien…que se passe t’il ??

    Tout à coups ça y’est tout remonte d’un coup : je m’arrête et vomi tout ce que j’ai…
    Putain qu’est ce qui m’arrive ???

    Julien me soutiens, me dit de serrer les dents, je repars… le rythme n’est plus là, jusqu’au 25km je continue à courir, le ravitaillement du 25, je reprend un quartier d’orange, a contrecouer car je suis vraiment mal, barbouillé, mais je me suis vidé et je sais que je dois reprendre des forces…

    Je ralentis de + en +, julien cours toujours avec moi, il m’encourage, je lui dit de partir, les ballons violet nous on rattrapé…
    Julien comprend que c’est râpé pour moi, je le vois partir….dire que c’etait moi qui le motivait, qui l’ai poussé a faire ce marathon… au entraînements, je le soutenai, l’encourageait……c’était mon « poulain »…

    Putain je suis une loque…je m’arrête. Je marche. J’ai la rage. PUTAIN TOUT CA POUR CA
    Le long de la seine je suis un zombie, j’alterne marche et course, puis tout a coups je vomit une nouvelle fois…pire que la première…je savais pas que j’avais tout ca en moi c’est impressionnant… je crois que j’ai traumatisé un enfant qui me regardait.

    Je suis complètement vidé…j’ai mal à la tete, je suis en hypoglycémie je crois, je doit etre blanc comme un cul d’allemand.

    On doit etre aux alentours du 28ème km :je meurs de soif, j’ai mal à la tete…je ne peut plus courir…il faut que je marche jusqu’au ravito du 30ème : mais c’est interminable, je suis un des rares à marcher, les encouragements des spectateurs ne me font rien, je suis ailleurs, j’ai envie de pleurer…le pire c’est sous les tunnels, les HURLEMENTS « JE SUIS PAS FATIGUE JE SUIS PAS FATIGUE… !!! putain moi oui je suis fatigué, mort, léssivé !!! je suis un zombie, je ne vis pas le paysage, je ne suis plus dans le mouv , dans la course…

    Je crois que je vais abandonner, j’ai honte, j’hésite a arracher mon dossard.

    j’arrive enfin au trentième au ravito : je bois une bouteille sucrée entiere en 30sec, et essais de manger un peu de mon deuxième gel.

    Je repars en courant , je sers les dents, mais je n’ai plus de jus, je n’avance pas..

    Et le pire arrive….des series de petites crampes m’assaillent…je dois m’arrêter, ca passe. je repars et des que je sens que la crampe arrive je m’arrête

    je cours quand ou à coup de nouvelles crampes me tiraillent, celles ci sont affreuses; je ne peux même plus rester debout : je m’allonge au beau milieu de la route et je cris ma souffrance…je n’avais jamais eu de crampes auparavant, et je croyais que certains faisaient du cinéma…je peut vous dire que non !!!

    JE SUIS comme un pantin, mes mollets bougent tout seuls, personne ne s’arrête ! une ambulance arrive ! ils ont crus que je faisait un malaise, je leur explique que c’est des crampes, ils m’étirent et me donnent une bouteille sucrée.

    Je repars, je marche, je m’étire.

    Tout le monde me double…j’ai un sentiment d’impuissance indescriptible, je me dit que je suis une merde, je m’en veut vraiment.

    Quand je vois les papis et les mamies qui me double, j’ai un sentiment de vanité incroyable :sur le coups voilà ce que je pense : « putain tu te fais doubler par des grand mères et par des obèses, t’es vraiment une merde » ce marathon m’aura appris bcp d’humilité sur ce point la !

    JE me fais doubler par les ballons des 4H, je n’essaie meme pas de les accrocher…
    Tout ce monde qui me double, c’est pas possible, il y’aura bientôt plus personne derrière moi !!

    Le calvaire marche- étirement -, reprise de la course continue jusqu’au bois de Boulogne…

    Les ballons roses des 4H30 me doublent, je n’arrive pas à les suivre, je les voit s’éloigner…arrivé au 41km, je n’ai plus rien en moi mais je m’en fous , j’accélère, un dernier sursaut d’orgueil…je fonce…je sprinte… j’arrive finalement sur cette maudite ligne en 4H37 temps réel.

    Voilà c’est fini, je m’en fous je souffre trop , je ne peut meme pas rester debout, je vais à la croix rouge m’allonger quelque temps…
    Je rejoins julien qui a eu des pbs aussi mais qui finis en 3H48

    Douche métro, train, dodo, réveil avec une impossibilité de marcher aujourd’hui…

    Je ne souhaite a personne de vivre ce qui m’est arrivé !!
    Morale : un marathon n’est pas tjs une partie de plaisir, et ne pas sous-estimer cette distance mythique !!

    Mais je ne vais pas en rester là…., je ne peut rester sur cet échec



    Desolé d’avoir été long

    Sportivement, christophe"

    Source et commentaires : CAPforum


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  • Commentaires

    1
    fantaisie
    Jeudi 3 Mars 2011 à 17:46

    ah je vois comme ca peut être pénible en effet, et il faut savoir prendre la sage décision de s arrêter si le corps ne suit plus....

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